Marie-Paule Lagrange institut du mal de tete

Marie-Paule Lagrange
Directrice de l'Institut du Mal de Tête

Interviewée par Vincent Louyat et Béatrice de Dumas


Interview de Vincent Louyat


Qu'est-ce qui vous a fait penser à ouvrir un Institut du Mal de Tête après votre carrière chez Total ?

En fait, je suis psychologue, et ce qui n'est pas habituel en France, j'ai fait une bonne partie de ma carrière chez Total.Mais auparavant, j'avais travaillé dans des institutions pour enfants comme psychologue clinicienne et j'ai eu la chance de travailler avec des équipes très proches de Madame Françoise Dolto, à une époque où elle était moins connue qu'aujourd'hui.C'est en remarquant que beaucoup de gens souffraient de maux de tête très sévères que je me suis dit que les gens étaient peu ou mal soignés et qu'il y avait sans doute quelque chose d'intéressant à faire pour eux et pour moi.

Quel rapport entre Total et l'Institut du Mal de Tête ?

Et bien on peut dire que le métier est le même : la psychologie.Simplement, dans le cas de Total, les méthodes de la psychologie s'appliquent aux comportements et aux attentes des clients, puisque Total est une société industrielle et commerciale.Dans le cas de l'Institut du Mal de Tête, j'applique les méthodes de la psychologie aux personnes qui souffrent de maux de tête.

Qu'entendez-vous par les méthodes de la psychologie ?

On peut les résumer en 3 mots : écoute, compréhension, propositions de solutions. Dans les deux cas, il s'agit d'écouter : le client, pour sa demande d'une qualité de produit ou d'un service, celui ou celle qui souffre de maux de tête pour sa demande d'un mieux aller ou d'un mieux être. Les professionnels de la santé l'appellent un patient. Il faut évidemment comprendre quelle est la souffrance de celui ou de celle qui vient consulter à l'Institut, et c'est tout le métier du psychologue.
Enfin, il faut être en mesure de proposer au patient des solutions thérapeutiques qui lui conviennent, tout comme je devais proposer à la société Total des solutions marketing qui conviennent à l'entreprise.

Qu'est ce qui différencie votre pratique de la psychologie classique ?

Tout d'abord, je suis spécialisée et je ne m'occupe que des maux de tête. Ceci me permet de mieux comprendre la problématique de mes patients. Ensuite, je peux dire que mon expérience professionnelle dans une grande entreprise m'a permis d'acquérir un grand nombre de techniques autres que celles de la psychologie et surtout d'avoir une connaissance intime de tous les problèmes du travail (le pouvoir, le stress, le salaire, les relations de travail etc..), qui interfèrent souvent avec le mal de tête, qu'il s'agisse d'une migraine ou d'une autre céphalée




Interview de Béatrice de Dumas, Docteur en Pharmacie


En tant que pharmacienne, habituée à répondre à la demande des personnes qui souffrent de maux de tête, lorsque j'ai appris que vous qui êtes psychologue aviez créé l'Institut du mal de Tête, je me suis posée quantité de questions.

En somme cela vous a interpellée !

En effet. Et tout d'abord, qu'est ce qui a bien pu vous motiver pour que vous sous lanciez dans une telle aventure.

J'avais rencontré autour de moi, parfois de façon très proche, des personnes qui souffraient de migraines horribles, au point d'en perdre la voix ou la possibilité de travailler.
Comme je suis quelqu'un qui a horreur des problèmes non résolus, je me suis dit que je devais être capable de les aider.
Je suis l'aînée d'une famille nombreuse et depuis que je suis toute petite j'ai pris l'habitude de m'occuper des autres. L'enfance conditionne beaucoup de choses et étant libre de faire ce que je voulais j'avais sûrement cette envie de résoudre des problèmes pour les autres.
En plus de cela, j'avais confusément le sentiment que les gens ne savaient pas à quelle porte sonner pour soigner ces fameuses migraines. Or, j'avais la chance d'avoir eu des parents qui savaient se soigner et nous soigner.
Ils choisissaient toujours les médecins les plus spécialisés pour ce dont nous souffrions, que ce soit sur le plan physique que sur le plan psychologique. A une époque où la psychologie venait tout juste d'apparaître en France, je me souviens que ma mère n'hésitait pas à faire appel à un psychologue ou à un éducateur si nous rencontrions des difficultés scolaires. Nous allions régulièrement voir le pédiatre et j'étais en admiration devant la manière dont il examinait les tout petits comme le plus grands.
Tout y passait. La motricité des bras, des jambes et cou, les réflexes, le poids et la taille, l'alimentation, l'éveil, les yeux, les oreilles..Ce qui me frappait c'est qu'il nous demandait toujours comment ça allait à l'école. Il cherchait pour débusquer la moindre difficulté qui aurait pu lui révéler un retard ou une inadaptation sociale. J'ai souvent participer avec ma mère à la recherche d'un médecin, lorsqu'un problème difficile se posait. La confiance dans les médecins régnait dans la maison.

Justement, à propos des médecins comment l'Institut du Mal de Tête se situe-t-il ?

Cela se passe très bien. Tout d'abord, quand j'ai préparé la création de l'Institut du Mal de Tête, il faut bien dire que je ne connaissais pas le pourquoi et le comment de ces affections. Je me suis donc rapprochée des médecins et au départ ce sont eux qui m'ont tout appris.
Ensuite, j'ai commencé à faire parler mes patients et j'ai retrouvé dans le discours de mes patients, ce que les médecins m'avaient expliqué. J'ai établi avec eux un dialogue permanent de manière à bien comprendre ce dont souffraient mes patients. J'ai assez vite compris que mes patients avaient besoin de comprendre ce dont ils souffraient pour que je puisse les aider à s'orienter dans ce monde médical qui il faut bien le dire est très compliqué surtout lorsque l'affection dont vous souffrez n'est pas considérée comme une vraie maladie.

Lorsque vos patients ont besoin d'un médecin, celui-ci vient-il consulter à l'Institut ?

Non. J'explique à mon patient comment la médecine de la douleur est organisée en France et c'est lui qui choisit en fonction de sa situation géographique et aussi de ce dont il souffre. Car les maux de tête de tête sont très divers et on peut-être amené à faire appel à diverses spécialités. Comme vous le savez, le Code de la Déontologie des Médecins indique en toute première règle que c'est le patient qui choisit son médecin.