Migraine ou céphalée de tension ?


Article de Nathalie Saulnier - Sophrologue certifiée

Ayant rendu visite à Marie-Paule Lagrange, Nathalie Saulnier, s'appuie sur le livre « Maux de tête chroniques Comment les soigner » et nous fait part de ses réflexions.

Je vous avoue qu’avant de rencontrer Marie Paule Lagrange, fondatrice et directrice de l’Institut du Mal de Tête, j’ignorais jusqu’au terme « céphalée de tension » et je savais encore moins qu’il pouvait y avoir des différences scientifiquement reconnues entre les divers maux de tête dont l’être humain est capable de souffrir.

Les maux de tête sont un enfer dans lequel sont enfermés près de 28% des personnes interrogées dans un sondage effectué pour l’Institut du mal de tête. Voilà un chiffre auquel nous n’avons pas envie de croire tant il semble important !

Les enquêtes effectuées par d’autres organismes de recherche médicale donnent des résultats plus modérés : environ 12% de personnes sont atteintes de migraine et 8% de céphalées chroniques. Sur 100 personnes ayant « souvent » ou « très souvent » mal à la tête, 63 déclarent ne pas avoir réglé leur problème, 36 consultent souvent ou très souvent et 48 ne consultent jamais.

Les maux de tête qui deviennent chroniques sont si invalidants qu’ils isolent et dé-sociabilisent par la grande incompréhension qu’ils génèrent dans l’entourage. Les mots « migraine » et « céphalée » sont souvent associés à un moyen qu’aurait trouvé la personne atteinte pour se soustraire à ses engagements.

Pourtant, les maux de tête sont des souffrances terriblement invalidantes et ce que vivent ceux qui en sont atteints ne peut que difficilement s’imaginer… L’isolement dans lequel ces douleurs les plonge est injuste et renforce encore la souffrance physique et psychologique liée à la survenance de ces douleurs. Comme un cercle qui ne serait pas vertueux…


Comment distingue-t-on alors les « migraines » des « céphalées de tension » ?

Commençons par la migraine puisqu’elle a une étymologie : HEMI, devenu MI– moitié + CRANIA, devenu GRANIA – crâne.

La migraine est localisée sur une moitié de la tête, soit à droite, soit à gauche, quelquefois les deux.

La migraine se manifeste par crises : avant et après cette crise, il n’y a rien. Elle dure de 4 à 72 heures et peut s’accompagner de nausées. La personne migraineuse n’aura de répit que dans le noir et le silence, parce qu’elle ne supporte ni le bruit ni la lumière.

Les migraineux sont habitués au fait que cette crise sera suivie d’une autre. Juste après une crise terrassante de migraine, une sorte d’énergie fulgurante se met à déborder. Ceci permet de reprendre rapidement le cours de ses activités et même parfois de rattraper son retard.

Si les crises de migraines commencent à se répéter, il est courant que le migraineux soit tout entier tendu vers LA prochaine crise. Ce qui va générer une tension supplémentaire dans le corps et dans le mental.


Mais alors, quelle différence avec la « céphalée de tension » ?

La céphalée de tension s’installe à une date précise et ne va plus quitter l’individu qui en souffre.

Contrairement à la migraine, elle n’est jamais unilatérale et peut durer des mois, voire des années. La douleur est continue et ne laisse aucun répit, elle est là tous les jours, dès le réveil et jusqu’au coucher.

La céphalée de tension est aussi appelée « céphalée de stress », elle est née d’une histoire douloureuse et apparaît à l’occasion d’un évènement déclenchant qui renvoie à cette histoire. La céphalée ne trouvera sa fin que lorsque la situation aura pu être « dit-gérée ». D’où le rôle indispensable de la psychothérapie par un ou une psychologue spécialisé(e) dans le traitement des céphalées.

Il existe un autre mal de tête chronique: la céphalée chronique quotidienne par abus médicamenteux (CCQAM). Elle est caractérisée par des maux de tête pour lesquels la douleur réapparait dès la fin de l’effet du médicament. Ces céphalées obligent la personne souffrant de maux de tête à reprendre des médicaments dès que la douleur revient. C’est en fait l’abus médicamenteux qui entretient le mal de tête qui aurait pu ne jamais apparaitre avec un traitement pris avec précaution.


Que peut apporter la sophrologie aux personnes souffrant de maux de tête chroniques ?

La sophrologie vient en complément d’un traitement adapté. Elle ne remplace en aucun cas un traitement médicamenteux approprié, délivré par un médecin.

Elle ne remplace pas non plus l’accompagnement par un psychologue spécialisé de la personne souffrant de céphalées chroniques qui va lui permettre de devenir actif dans son traitement et de mieux se soigner : mieux comprendre comment on fonctionne et mieux suivre les recommandations et les prescriptions du médecin.

Rôle du sophrologue

Les patients souffrant de migraine ou de céphalée de tension arrivent souvent à l’Institut du mal de tête dans un état de stress et de désespoir face à l’impossibilité de se débarrasser de ces maux de tête.

Pour les migraineux dont le stress est engendré par la douleur et par la crainte d’une prochaine crise, le rôle du sophrologue va être de compléter le travail plutôt intellectuel d’apprentissage par une mise en situation plus détendue de l’individu. Les techniques de la sophrologie, qui s’adressent plus à l’affectif et au corps, relaxation, respiration, apaisement, rêve éveillé et surtout visualisation d’images positives, vont lui apporter un bienfait apaisant qui l’aidera à mieux lâcher prise.

Mêmes apports pour ceux qui souffrent de céphalées de tension. Les douleurs permanentes de la céphalée de tension engendrent des douleurs musculaires notamment dans la zone des cervicales et des trapèzes, douleurs qui peuvent gagner le corps tout entier. Des séances de sophrologie vont apporter une détente bienfaisante et une vision du monde plus optimiste qui peuvent contribuer à rompre le cercle vicieux douleur-tension-douleur.

* Sondage réalisé pour l’Institut du Mal de Tête par la Société Catherine Delannoy et Associés